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 Résidences-services

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Colette



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Date d'inscription : 24/03/2008

MessageSujet: Résidences-services   Lun 24 Mar - 15:29

Je croyais qu’il y avait des gens qui rêvaient de passer leur retraite sur la Côte d’Azur, des veufs qui ne pouvaient plus entretenir une maison devenue trop grande, voulaient éviter la maison de retraite et les affres de la solitude. Golfe-Juan, 17.12
Je croyais que nous étions nombreux à avoir des parents âgés et, un jour, à se faire du souci pour eux. Enfin, tant qu’ils sont en couple, ça va.

Au décès de Maman, mon père qui était si fort a tenu le coup pendant quelques temps dans la grande maison où ils vivaient depuis plus de trente ans.

La maison était grande, quatre bâtiments, jardin, verger…à quatre kilomètres du village. Non seulement c’était lourd à entretenir mais cette maison sans Maman, c’était très dur.

Il est resté chez ma sœur quelques jours puis s’est installé à l’hôtel. Les hôteliers lui ont fait, exceptionnellement, une cuisine de convalescent sur mesure. Vivre à l’hôtel c’est bien, mais comment se nourrir sans manger trop riche ou toujours les mêmes choses quand on va tous les jours au restaurant ?

Ma sœur s’est renseignée sur les résidences services de la Côte d’Azur auxquelles nos parents avaient songé. Leur préférence allait vers celle de Golf-Juan. Ensemble nous avons visité des appartements à au Cannet, à Canne, à Nice. Enfin à Golfe-Juan, nous avons vu un trois pièces avec jardin, bien agencé, lumineux. Ce qui nous a plu c’est qu’avec un jardin, la page serait moins dure à tourner. En effet il me semble que de passer des grands espaces à un studio, c’est dangereux pour le moral. Et puis il y avait La chatte, cela lui plairait sûrement. D’ailleurs elle s’y est plus instantanément.

Nous avons vendu la maison de Normandie et acheté l’appartement de Golfe-Juan le même jour.
Ce qui était bien aussi dans ce trois pièces, c’est que je pouvais vivre avec Papa. A côté de sa chambre il avait sa salle de bains, et moi je dormais dans le canapé du salon et utilisais la salle d’eau. Nous ne nous gênions jamais.
Mais je décidais de ne pas m’installer chez lui à plein temps pour qu’il vive à son propre rythme. J’y passais en moyenne deux semaines par mois. Ma sœur venait deux fois par semaine. Cela a duré sept ans.

La salle du restaurant de la résidence est agréable, ouverte sur le parc. L’été, le dîner est servi sur la terrasse.
Tables pour 2, pour 3, 4, 5 personnes, on prend les repas avec d’autres résidants, pas toujours les mêmes ; le maître d’hôtel gère habilement les plans de table en tenant compte des affinités et des nouveaux arrivants. Partager une table n’est pas obligatoire, simplement recommandé, et cela permet de garder une vie sociale.
Nappes et serviettes de table sont changées à chaque repas, la vaisselle est belle.
La cuisine est saine et variée, le chef est un artiste en toute chose. Il y a plusieurs plats au choix, ils sont toujours bien présentés ; si rien ne plait on peut choisir aussi dans la carte de saison ou même demander au chef de cuisiner quelque chose, par exemple quand on a des invités. Le maître d’hôtel, les serveurs et les serveuses connaissent bien les résidants et leurs préférences, sans être familiers.
Quand on veut dîner plus tard ou si l’on n’a pas envie d’aller au restaurant, on demande que le repas soit apporté chez soi ; en cas d’absence, le plateau est déposé dans un passe-plats.
On peut aussi se passer de ce service, faire les courses et cuisiner chez soi, il y a tout ce qu’il faut pour cela.

Au bar, c’est surtout à l’heure du café qu’il y a du monde. Mais il y a eu aussi des petites fêtes entre résidants qu’on a appelées « apéritifs dînatoires » tant les canapés étaient copieux et tant l’apéritif se prolongeait. Certaines occasions font l’objet d’apéritifs, les grandes fêtes, la présentation des nouveaux arrivants une fois par an, les vingt ans de la résidence… C’est une résidence où le champagne n’est pas boudé.

Le restaurant et le bar donnent sur un parc arboré « du temps des anglais ». Sur la terrasse, il y a des chaises longues, des tables, on peut papoter avec d’autres résidants dans ces lieux favorables à la détente. Le parc est bien entretenu et fait souvent l’objet des discussions car il est impossible de mettre deux personnes d’accord sur la hauteur de la taille des lauriers. On peut y marcher, c’est important pour les personnes âgées de marcher sans aller dans la rue. Il y a une pièce d’eau avec des nénuphars et une petite cascade.

Ces services ont été les plus utilisés par mon père. Mais il y a aussi une salle de bridge, des possibilités de voyages, de sorties (théâtre, concerts).

Les services incontournables sont cependant ceux rendus par les hôtesses. On dit qu’elles ne sont jamais là mais moi je me demande comment elles arrivent à faire face à tout ce qui leur est demandé en plus de leur travail parce qu’elles aident chaque résidant en particulier, l’un ne voit plus assez clair pour écrire ou lire son courrier, l’autre vient se confier. Elles répondent au téléphone, elles donnent suite à toutes les demandes (si l’on veut un taxi ou prendre un rendez-vous, si l’on a un imprévu et qu’il faut modifier les repas, réserver une chambre d’hôte ou tout annuler, si l’on a une ampoule à changer ou un vêtement à retoucher, si l’on a besoin d’une infirmière… est-ce qu’un colis est arrivé, quel est le jour où passe le pressing…) elles s’occupent de tout.

Dans tous les appartements, il y a un interphone qui permet de les joindre sans se déranger, il sert aussi à téléphoner directement aux autres résidants pendant la journée, mais il y a aussi une alarme dans chaque pièce principale, dans les salles de bains et les salles d’eau. Lorsqu’une alarme est déclenchée par un résidant, l’hôtesse appelle par l’interphone et si personne ne répond, elle vient tout de suite ; Elle est assez compétente pour juger de la situation, si nécessaire appeler un médecin ou envoyer d’urgence le résidant à l’hôpital. Les veilleurs de nuit ont la même tâche.

L’homme d’entretien est sur place, il est aimé de tous, il fait tous les petits travaux dans la résidence et sur demande dans les appartements.

Il y a un cabinet médical et un cabinet d’infirmières et une pharmacie tout près de la résidence, on peut y aller à pied. En sens inverse, les déplacements sont rapides y compris pour livrer des médicaments. La région est bien médicalisée.

Enfin il y a de belles chambres d’hôtes. C’est bien pratique quand famille ou amis viennent en visite et passer quelques jours de vacances sur la Côte d’Azur.

Golfe-Juan est un village animé toute l’année. Je l’aime bien ; il ne fait pas station balnéaire tournée exclusivement vers le tourisme et c’est le seul village de la côte qui permet de dîner au bord de l’eau sans voir des voitures passer entre la mer et la terrasse ; les parkings sont derrière les restaurants. Enfin vous savez tous qu’aux alentours il y a toutes les possibilités de se distraire, plages, ports, piscine, restaurants, théâtres, festivals, aéroport… la mer et la nature, par exemple l’inoubliable forêt de mimosas en fleur en février, l’Estérel, le Cap d’Antibes, les villages de l’arrière pays.

Eh bien je croyais qu’il y avait des gens qui rêvaient de la Côte d’Azur, des gens qui avaient assez d’argent pour pouvoir y passer leur retraite. Je croyais aussi qu’il y avait des gens comme moi qui feraient tout pour éviter la maison de retraite, des gens qui avaient peur des affres de la solitude, d’une chute ou des quelques kilomètres qui les séparent de la pharmacie, des veufs et des veuves qui ne pouvaient plus entretenir la grande maison qu’ils occupaient, je croyais qu’il y avait des gens comme moi inquiets pour leurs parents.

Papa a quitté ce monde, son appartement est à vendre, en tout il y en a dix dans la résidence ! Alors je suis en colère. Il me semble qu’il devrait y avoir une liste d’attente pour bénéficier d’un appartement comme ça qui permet de vieillir tranquille en toute indépendance. Ce n’est pas le cas.

Bien sûr, j’ai passé des annonces sur Internet, dans les agences immobilières, les revues. Puis j’ai baissé le prix, ce qui fait que pour un trois pièces avec véranda et jardin privatif sur parc, double box accessible par ascenseur, parking abrité en surface et cave, c’est le moins cher de la région.

Les appels téléphoniques et les e-mails que je reçois sont toujours les mêmes : les personnes intéressées ne savent pas ce qu’est une résidence-services, de ce fait les charges leur paraissent élevées.

Oui, les charges de copropriété sont élevées, cependant elles restent inférieures au loyer d’un appartement équivalent ou, à prestations tout à fait inégales, aux mensualités d’une chambre dans une maison de retraite. De plus il est bien rare de pouvoir payer une maison de retraite sans vendre sa maison ou rarement les animaux sont acceptés.

Pourquoi les médecins et les infirmières qui voient leur patients vieillir ne parlent-ils jamais de l’opportunité que représentent les résidences services ? D’accord ce n’est pas dans leur fonction, mais ne pourrait-il pas y avoir des annonces dans leur cabinet par exemple ? Quelle autre possibilité pour inviter les « seniors » à essayer ce mode de vie ?

J’avoue que je ne comprends pas d’autant plus que l’aide à la personne, la démographie et ses conséquences sont des sujets d’actualité.

Peut-être y a-t-il parmi les internautes des personnes sensibles à ces problèmes chez qui il trouvera un écho, ou d’autres qui profiteront de l’expérience très agréable que j’ai faite avec mon père.

Colette.
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